11 septembre 2007
LÉGENDE DE LOUP BLANC (1)
Ceci est l'esquisse de la première partie de la légende du Loup Blanc. Je souhaite retravailler et affiner cette trame pour obtenir un texte définitif plus riche et plus beau... Mon travail actuel ne me laisse pas suffisamment de loisir pour m'ateller sérieusement à cette tache. Je vous livre donc cette ébauche en espérant trouver prochainement le temps nécessaire pour la parfaire.
à Loup Blanc.
Par un frais matin d’hiver naquit dans une lointaine caverne douillette un louveteau blanc.
En grandissant il se découvrit aventureux et fort, audacieux et drôle, curieux et inventif.
Ses pérégrinations de jeune loup le menèrent sur les grèves couvertes de galets qui terminent, en direction de l’océan, la plaine où il naquit. Il goûta la saveur de l’eau salée sur son museau et la caresse du vent dans sa fourrure. Et, jeune loup aux dents longues, il désira connaître l’autre côté de ce lac salé et coléreux.
Et sa curiosité et son audace le poussèrent sur les pistes des hommes. Il découvrit émerveillé leurs tanières flottantes qui marchent sur le lac salé. Et profitant de l’obscurité, il se faufila une nuit dans un recoin d’une tanière sombre qui devait lever l’ancre à l’aube.
La traversée commença et Loup Blanc, caché le jour, hantait le navire de la tombée de la nuit au lever du soleil, chassant, humant l’air si vif, s’amusant à déjouer les pièges des hommes et à tromper leur vigilance. Il prit goût à ce jeu dangereux et s’enhardit au point de devenir imprudent. Et ce qui devait arriver arriva. Les hommes le capturèrent. A la première escale, ils le vendirent à un petit zoo où il fut mis en cage avec d’autres jeunes loups. Ces compagnons d’infortune l’accueillirent et il s’installa parmi eux. Mais il s’aperçut bien vite qu’un sang différent coulait en lui. Si eux supportaient d’être nourris, observés, choyés, lui ne rêvait que d’une chose : prendre le large, s’évader, sortir de cette prison dorée où l’on essayait de lui faire perdre le goût de la liberté en lui faisant prendre le goût de la facilité. Il échafauda mille plans d’évasion, en tenta plusieurs, n’en réussit aucun. Mais un gitan passa par là et le remarqua, vif et fort, au milieu de ses compagnons repus et assoupis. L’homme se mit dans la tête de racheter ce loup immaculé et il y parvint. Loup Blanc quitta la cage ensoleillée pour une cage roulante qui l’emmena en direction de sa plaine natale…
Le voyage apportait chaque jour son lot de nouveautés et la compagnie de ces hommes nomades et de leurs animaux piquait la curiosité de Loup Blanc. Il observait, apprenait, retenait, mettant à profit chaque instant pour devenir plus fort, plus astucieux, plus invulnérable aux pièges des hommes. Il découvrit que l’on peut s’attaquer à plus fort que soi quand on connaît les faiblesses de son adversaire. Il apprit les habitudes des hommes. Il tira parti des tours et des acrobaties que lui enseignait son maître. Il grandit en force et en sagesse. Et il attendit aussi patiemment que possible l’occasion de s’échapper.
Enfin ce moment arriva. Et au terme de longs jours de captivité, il réussit à fausser compagnie aux gitans. Il dut alors faire preuve de toute la ruse et l’audace dont il était capable pour déjouer les hommes lancés à sa poursuite et gagner des terres plus hospitalières. Cependant, si les terres étaient plus paisibles, l’accueil de ses congénères ne fut pas à la mesure de son espérance. Ils regardèrent avec méfiance ou dédaignèrent ce loup étranger, trop jeune encore pour être une force, trop seul pour être un danger pour leurs clans.
C’est alors que sa piste croisa celle de six autres jeunes loups solitaires. Et ils se mirent en chasse ensemble sur de nouvelles pistes. Loup Blanc qui connaissait les pièges des hommes et leurs ruses menait ses compagnons sur ces pistes et s’efforçait de leur transmettre ce qu’il avait appris. Les vieux loups qui menaient les clans voisins en chasse virent la valeur de Loup Blanc et voulurent alors le récupérer dans leurs propres clans. Mais Loup Blanc ne voulait appartenir à personne et il repartit sur d’autres pistes, pour d’autres chasses. Il d’écida d’aller au-delà des cités des hommes qu’il avait déjà vu, au-delà des étendues salées, pour trouver de nouveaux terrains de chasse.
----Fin de la première partie----
23 juin 2007
CIGALES - Esquisse
Une autre esquisse littéraire qui fut beaucoup plus laborieuse à écrire que le Petit Conte Bleu. Je suis partie d'une impression générale et j'ai essayé de la traduire... Pas évident. Je suis plus à l'aise avec un crayon, un pinceau et de la couleur pour ce genre d'exercice.
Le soleil est au zénith. Le silence crissant des cigales enveloppe une garrigue de lumière et de feu.
Dans la pénombre fraîche du cabanon, ce crissement égrène les secondes.
Ils sont arrivés tôt par les chemins pierreux. Ils ont jetés leurs corps dans l'écume des vagues. Puis saoûlés de chaleur et d'eau salée, ils se sont réfugiés au creux du cabanon dans le double silence des cigales et des vagues. Et en eux, la marée monte, enivrante. Une marée d'Atlantique sur une terre de Provence.
Elle perçoit dans sa chair les bruits familiers, le crissement chantant de cette heure du jour, l'inéluctable montée des flots... Elle voudrait bien se jeter en avant, choisir pleinement de jouer dans les vagues. Elle voudrait bien avoir encore le temps.
Mais le temps n'a plus le même poids.
Elle le perçoit et son coeur s'affole, partagé entre le désir de s'abandonner et la peur que cela lui inspire. Inconnu fascinant et terrifiant de cette vague qui grossit et roule vers le rivage.
Elle se raidit un peu, amorce un repli, le laisse à l'état d'ébauche.
Une caresse encore et elle s'abandonne enfin à la marée montante.
Elle avance à la rencontre des vagues, savoure l'enivrante sensation de puissance et de faiblesse que procure le choc déséquilibrant de chaque assaut de la marée. Instant d'éternité suspendu entre connu et inconnu.
Brusquement l'attente prend fin. Enfin. Une vague plus haute, plus violente, la renverse, la submerge, la roule sur le rivage qui se délie.
La mer en elle s'est retirée. Les vagues ont reflué ne laissant que débris comme traces de leur passage. Le rivage a changé et le cabanon n'est plus un refuge. Elle contemple étourdie le nouveau visage de ce lieu familier, le cabanon qui n'est plus forteresse. Le silence crissant des cigales demeure. Inchangé, il enveloppe encore une garrigue de lumière et de feu.
04 juin 2007
PETIT CONTE BLEU
Il était une fois sur une petite île lointaine, un enfant des hommes qui, de ses yeux clairs, regardait la mer. La mer belle et indomptable venait murmurer son chant d'amour aux galets de la grève. Et l'enfant apprenait les colères de l'amante dans la tempête, les caresses tendres comme le clapotis du ressac, et la solitude, et la soif d'infini, et l'éternel retour de la mer vers le rocher, même après les grandes disputes et les lointains départs des marées d'équinoxe. Et il envia le rocher.
L'enfant grandit ainsi.
Et pour nourrir son âme, que ces amours avaient assoiffée d'infini, il choisit pour compagnons de jeu des livres éternels qu'il apprivoisa un à un pour en faire des amis fidèles.
Le temps coula...
L'enfant devint adolescent. Un adolescent entier et exigeant. Il mêla avec une soif énergique toute la sensibilité de l'enfant à l'intelligence et à la force de l'homme. Et comme dans son âme encore tendre il aimait passionnément la mer, il se fit marin.
La mer le prit dans le creux de ses bras tendres. Et il vécut au gré de ces humeurs que l'on nomme vents et courants.
Mais les hommes sont des souverains jaloux. Et dans leur jalousie, ils ont édictés une loi qui interdit d'épouser la mer sans mourir, une loi qui oblige à s'échouer un jour dans un port. Et l'enfant devenu homme choisit la vie.
Le port lui offrit d'autres compagnons de jeu, livres éternels, amis fidèles.
Les hommes souverains lui dirent que la mer n'est qu'une amante, qu'il faut un jour épouser la ville.
Et la soif d'infini cria. L'enfant devint aventurier. Il l'était avant de le devenir mais pour être pleinement il faut en avoir conscience. Il devint donc ce qu'il était.
Et l'aventure lui ouvrit les bras. Et il s'enivra de son parfum et de sa voix, de ses caresses et de ses bouderies.
Le temps coula...
Alors parut la princesse. Vous savez, celle des contes et des récits, celle belle et mystérieuse qui ressemble à l'aventure et porte en elle une ville de mystère. L'aventurier aima la princesse à l'instant et voulut être prince. Après tout, qu'est-ce qu'être prince si ce n'est tenter une ultime aventure, une conquête plus belle, celle d'une princesse ?
Et il y réussit. La princesse devint sa femme, il devint un prince aventurier.
Le temps coula...
Mais une ville ne peut qu'être baignée par un fleuve et un fleuve ne peut se jeter que dans la mer. Alors pour tromper son ennui, le fleuve baigne plusieurs villes et toutes avec la même sincérité. Car il ne sait pas être autre chose que fleuve et même s'il préfère les quais de Paris, il ne peut s'empêcher d'aller jusqu'au Havre.
Mais la ville ne comprend pas la réalité du fleuve. La ville ne comprend pas que le fleuve puisse donner, à une autre ville aussi, l'eau même qui permet à ses rives de se couvrir d'arbres et de fleurs, l'eau qui donne vie à la ville.
Et la princesse qui était ville quitta l'aventurier qui était fleuve.
Il pensa qu'il lui restait encore d'autres villes à baigner mais celles-là aussi se jalousaient. Alors le fleuve se retrouva seul avec les arbres et les fleurs que son eau avait fait naitre.
L'aventurier retrouna au bord de la mer. Il la contempla, amante éternelle, belle et jeune, violente et passionnée. Il l'aimait comme au premier jour. En contemplant la mer, il sentit rejaillir en lui son âme encore tendre, assoiffée d'infini, comblée de la présence de ses amis éternels et rongée par l'absence de la princesse.
Alors, il se leva, avança dans les flots et choisit de devenir rocher pour que la mer devienne son amante. Une amante qui revient toujours même après les colères sauvages et les lointains départs des marées d'équinoxe.
à Halio.









